Nous n'avons pas les moyens de nous offrir les services d'Algore, Yan Arthus Bertrand et Nicolas Hulot mais les Comores n'en ont pas besoin puisque c'est sans doute un grand importateur du riz qui pourrait nous sensibiliser sur les questions environnementales. Avec ces 2024 km2 l'archipel des Comores tout comme son voisin les Maldives subit déjà les conséquences du réchauffement climatique: rehaussement du niveau de la mer, dérégulation des saisons, surensoleillement...ect. S'ajoute à ces facteurs exogènes, l'inaction et l'intervention du Comorien qui extrait le sable marin pour construire sa maison, coupe le bois de sa forêt pour cuire ses aliments et répare sa case, rejette les ordures ménagères sur les rivières, extrait les coraux pour faire du chaux, use des explosifs pour capturer du poisson. Tous ces facteurs sont perçus encore comme une fatalité. Les quelques ONG sur le terrain qui se battent pour faire sensibiliser la population sur ces questions sont marginalisées et n'obtiennent pas l'echos qu'elles méritent. Pourtant les Comores n'ont pas attendu les films d'Algore, Yan Arthus Bertrand et Nicolas Hulot pour mettre une image sur les conséquences dramatiques comme le manque d'eau, des pluies diluviennes de plus en plus violentes, la raréfaction du poisson, le massacre des tortues, l'érosion des terrains agricoles et la hausse des températures.
Indépendamment de la situation économique, les ressources naturelles diminuent progressivement à cause de la surexploitation par l'homme, de la dégradation de l'environnement et de la non mise en place des actions permettant aujourd'hui de faire face aux défis comme l'urbanisation anarchique et non maitrisée, le non traitement des déchets et les accidents écologiques qui aujourd'hui sont perçues comme une découverte de ressource fossile (pollution due au dégazage de bateau perçu comme étant une découverte de champ de pétrole). La baisse des ressource affame davantage le Comorien, il a faim et voit encore son bol de riz na ntibé réduit. Mais cela sans doute n'est pas assez suffisant pour l'interpeller que s'il n'agit pas - atsola mindrou yahahé. Irons-nous jusqu'à espérer que le Comorien meurt de faim pour qu'il comprenne que respecter la nature est aussi comme avoir un plat de riz na ntibé na dziwa? J'espère moins de cynisme sur cette question.
J'aime la nature avec ces rizières et ces boeufs, j'aime aussi que mes compatriotes mangent à leur faim, j'aime davantage qu'on respecte cette nature qui nous donne généreusement riz, viande, poissons, fruit et purifie gratuitement notre air. Face à l'indifférence de mes compatriotes sur les questions environnementales, climatiques et de développement durable car ils ont faim, je lance un appel à chacun d'entre nous pour ne pas oublier que les Comores comme tout autre pays fait partie de cette Tèrre et que chaque Comorien est invité à oeuvrer pour réduire son empreinte écologique.