Tordre le coup aux idées reçues

Tordre le coup aux idées reçues
Entre avoir un mal fou à la gorge et laisser sortir les larmes, je préfère l'option n°2. Après tout les gonzesses n'ont toujours pas tort. Je sais les autres mecs vont juste s'arrêter sur ça ou abandonner la lecture de ce billet mais ce n'est pas grave car je sais que le soir au fond de leur couette, ils chialent un bon coup. Pourquoi? Un mec ça pleure quand il y a personne, question de pudeur puis avouons aussi que le son qu'on dégage n'est pas terrible. Maintenant les filles vous comprendrez pourquoi les mecs se cachent pour verser quelques larmes à l'abri des regards google que vous avez. Il suffit de se faire surprendre une fois et la nouvelle arrive en top de résultats de google, msn et yahoo.

Les gens qui me connaissent me décrivent comme un roc. C'est flatteur pour mon côté viril. Par contre l'effet inverse c'est d'être perçu comme quelqu'un de dur, froid et insensible. Dans un monde dominait par la sensibilité on fait office d'extraterrestre. Avant le temps d'un film indien, j'avais systématiquement la gorge serrée. Drôle de sensation mais hors de question de passer pour une nana du coup je prétextais une pause frigo afin d'échapper aux moqueries. Puis un matin ma cousine osa une question indiscrète: as-tu déjà pleuré en dehors de la maladie ou d'un décès d'un proche? Je n'en revenais pas qu'on m'ait posé cette question indiscrète. J'ai joué le jeu et j'ai répondu: plusieurs fois ne serait-ce qu'hier soir je me suis fait un petit peu plaisir. Sans m'en rendre compte je venais de casser un mythe. Oui un mythe qui s'effondre mais je venais de gagner en humanité. Inutile de vous dire que j'ai eu droit au petit déjeuner servi alors que d'habitude je me débrouille. Quelque jours plus tard je lisais un livre d'enseignement religieux et je suis tombé sur cette vérité: la miséricorde présente sur Terre est la 99ième part de la miséricorde d'Allah et que cette miséricorde se manifeste sous la forme de la tendresse, de la pitié, de cette mère lionne qui caresse et protège sa progéniture... c'est la tendresse de la mère qui allaite son bébé j'en passe les clichés. Alors si je n'arrive pas à exprimer le peu de miséricorde présente sur Terre ce que je dois avoir un c½ur hyper dur. L'humanité dégagée et la grâce divine, sans plus attendre m'ont convaincue de ranger mon habit de roc pour devenir un humain tout simplement.
# Posté le mercredi 27 février 2008 17:44
Modifié le mercredi 27 février 2008 17:57

Ce qu'en pensent les Mahorais

Ce qu'en pensent les Mahorais
Je devrais plutôt dire ce que devraient penser les Mahorais pour être tout à fait vrai dans mes propos. J'ai vécu plus de deux ans à Mayotte. J'ai eu à discuter avec toutes les sensibilités de pensée en vigueur à Mayotte et pendant mes études je n'ai cessé de rester en contact avec des Mahorais. Pourquoi je raconte tout cela? Je m'inscris dans une démarche constructive suite à un long travail d'écoute de différentes opinions.

N'en déplaisent aux puristes comoriens, le constat est accablant: les non Mahorais des autres îles des Comores continuent de voir les Mahorais comme de grands enfants en cours de civilisation. Lorsque je passais mes vacances de lycée à Anjouan et que je déclarais que j'étais lycéen à Mamoudzou. Après deux ou trois blagues de second degré sur les Mahorais, j'avais toujours la récurrente remarque sur les Mahorais: les Mahorais continuent toujours de confondre la sauce et leur liquide jaunâtre servie comme sauce ou les Mahorais marchent toujours pieds nus. Ces clichés témoignaient toujours d'une méconnaissance et d'une vision archaïque sur les Mahorais. De l'autre côté les Mahorais voient les autres non Mahorais comme des opportunistes qui refusent d'assumer le choix de leur indépendance et qui continuent d'envahir toujours Mayotte. Toujours est-il que l'incompréhension est totale car depuis la rupture de 1975 les deux bords se méfient et continuent de se renvoyer mutuellement la balle. La norme demeure la différence absolue au point qu'à Mayotte l'on a développé une idée selon laquelle les non Mahorais seraient des envahisseurs prêts à recoloniser Mayotte. Ceux ayant vécu aux évènements de 1975 continuent toujours d'endoctriner les générations post indépendance afin d'en faire soit des Mahorais haineux vis à vis des autres frères non Mahorais ou des non Mahorais habités par un sentiment de supériorité pointé d'un sésame d'arrogance.

Ayant passé mon enfance à Anjouan, je n'ai pas le souvenir d'avoir vu des symboles de l'appartenance de Mayotte au giron comorien hormis en cours de géographie où l'instituteur nous faisait dessiner les 4 îles composant l'archipel des Comores. A cet époque l'accent était plutôt mis sur la géographie physique et peu sur les notions d'histoire du pays. En dehors des visites familiales, des mariages entre des conjoints anjouanais et mahorais, très peu d'occasions s'offraient pour rencontrer un Mahorais en chair et en os. Pourtant j'ai encore le souvenir des rencontres sportives, culturelles, cultuelles inter îles: championnat de football, la tournée de la troupe théâtrale Les enfants des Comores, l'anniversaire du Cheikh Said Mohummad Bin Cheikh avec la confrerie Tarikat Chadhuli. Seuls souvenirs de Mayotte furent les pommes et les confiseries en guise de cadeau de la part de la famille mahoraise et les tubes de Papa Djo en cassette VHS. Je m'interroge sérieusement sur l'absence d'efforts de nos dirigeants qui ont cruellement manqué de cultiver par le biais de l'éducation nationale l'appartenance de Mayotte à la famille comorienne. Certes sur le plan politique, la situation reste tendue mais qu'en est-il des domaines culturels, sportifs et cultuels? Quelle est notre part de responsabilité dans la fracture entre Mahorais et les autres Comoriens ? Pensons-nous avoir suffisamment fait pour nous faire aimer et accepter des Mahorais?

Je suis surpris de voir des jeunes Mahorais s'émouvoir à l'idée que nous partagions des références historiques et culturelles communes. Au lieu d'être surpris par la méfiance mutuelle, le quiproquo et la situation tendue, il est peut-être temps d'abandonner nos vieux clichés et entreprendre le chemin de la rencontre entre les deux populations par la voie culturelle, sportive et cultuelle. 32 ans de lutte politique n'ont pas forcement forgé un sentiment d'appartenance et que ça sera encore du gâchis de continuer à produire des nouvelles générations qui s'opposent sur leur identité. Pour répondre à ma question de départ, les Mahorais le diront certainement mieux que moi, ils ont besoin de se sentir aimé.

# Posté le mercredi 27 février 2008 14:08

Engagement associatif: comment suis-je amené à m'engager dans une mission à haut-risque?

Engagement associatif: comment suis-je amené à m'engager dans une mission à haut-risque?


Tous les indicateurs de bien-être au sein de l'association étaient au rouge: démobilisation, envie de dissolution, manque de cohésion, éclatement des membres en clans familiaux, lassitude générale...les anciens devenus les nouveaux membres du bureau et qui peinent à trouver la relève. Hormis le bilan financier qui était acceptable,le reste fut une bombe en attente de déclenchement. Tous les observateurs étaient unanimes: celui qui s'engagera dans le bureau est simplement un kamikaze. Aucun élément objectif ne prédisait une réussite. J'ai sérieusement pensé que c'est une sorte de mission programmée pour échouer. Une semaine avant l'assemblée générale, je pensais fatalement que ça serait dommage de laisser disparaitre un bout d'histoire de la communauté comorienne de France, mais seul dans mon coin je ne pouvais hélas sauver cette association. J'avais promis d'être constructif à l'AG en permettant à chacun de tirer les leçons de cet échec et peut-être d'en faire de la dissolution un cas d'école avec le bon diagnostic. Je voulais une belle mort consciencieuse pour cette association.

Le jour de l'AG, je me suis porté volontaire pour la présider et éviter un éternel jeu de ping-pong entre un bureau défendant son bilan et des membres qui dans une cohue n'en pense que du mal . Mission accomplie mais cela ne doit pas juste servir à montrer que j'étais capable de présidait une AG mais aussi que cette capacité pouvait être au service de la communauté pour moderniser et donner un élan nouveau à l'AOCOF-association des originaires des Comores en France. L'émotion d'une telle expérience ne laisse pas indifférente : je me suis porté candidat au poste de secrétaire général de l'AOCOF malgré les indicateurs au rouge. Sans surprise, j'étais élu à l'unanimité, une forte confiance accordée pour aider l'AOCOF à retrouver sa vitalité après avoir frôlé la dissolution. Cet engagement, je l'ai envisagé comme étant mon “service civil” au service de cette structure. J'avais 2 ans pour réussir tout comme les autres membres du bureau.

Malgré la volonté du bureau de rebooster tout le monde et de dynamiser la vie associative, les vrais freins au changement ne se trouvaient pas dans la nouvelle équipe dirigeante mais au sein des membres de l'association. Comment une équipe progressiste pouvait réussir face à des membres conservateurs usant tout prétexte de ne pas voir le changement s'opérer dans l'association. L'organisation de quelques manifestations a suffi pour transformer le sens de la mission du bureau qui est celle de réussir à une mission de sauvetage jusqu'à la prochaine AG qui s'annonçait houleuse.

Mon engagement était moral, philosophique, sentimental et philanthropique. Ce qui m'a permis de me concentrer sur l'essentiel: s'investir sans réserve dans les taches afin de donner le meilleur de soi-même et donner l'exemple. Je ne dissociais pas le savoir-faire et le faire. Un bon membre du bureau se devait avant tout de montrer l'exemple par son travail, donner envie aux autres de s'impliquer et de veiller à l'esprit d'équipe. Je n'étais animé que par ces 3 fondements pour remplir ma mission. Tout n'est pas rose quand on est secrétaire général. Il faut affronter des critiques non fondées et fondées, composer avec des gens ne partageant pas les mêmes valeurs et veiller à ce que chaque membre de l'association ne soit pas lésée. On n'a pas le droit de se sentir mal car il en va de la responsabilité de l'association.

2 ans après, je réitère toujours la valeur travail qui anime ma mission: travailler, s'impliquer physiquement et moralement, être là au service de la communauté, sourire et faire rêver à tout âme susceptible d'être intéressé par la vie associative. Pour la journée du 23 fevrier 2008, j'ai tenu à faire ce que je fais de mieux: m'impliquer en amont des taches, être à 100% disponible sur le terrain à la fois pour les autres membres du bureau, être à l'écoute des membres et prendre un vrai plaisir à faire ça. Après une dure journée de labeur, je buvais du petit lait quand j'ai vu les membres sur la piste de danse s'adonner à la chorégraphie de Magic Dj Kay et manifester leur joie. J'étais ému quand une jeune membre est venue me dire merci car elle a passé une excellente soirée. Voilà une raison qui peut conduire une personne à s'impliquer dans une mission hautement risquée par simple altruisme. Merci à tous les membres venus, merci à ces femmes qui ½uvrent toujours en cuisine et merci à notre bureau qui a conduit l'organisation de la journée culturelle dans un climat serein. Quant à moi, je crois hélas qu'il s'agit de ma dernière mission de transition..
# Posté le dimanche 24 février 2008 12:16
Modifié le lundi 25 février 2008 10:53

Remise en cause exceptionnelle du droit de sol appliquée seulement aux Comoriens à Mayotte

Remise en cause exceptionnelle du droit de sol appliquée seulement aux Comoriens à Mayotte
"Les enfants nés de parents comoriens en situation irrégulière à Mayotte ne pourront plus bénéficier la nationalité française ... et plus loin Estrosi parle d'une invasion de la fédération des comores à Anjouan"déclare Christian Estrosi, ministre de l'Outre-Mer.

Une première dans l'histoire de la république française où le droit du sol est remis en cause non dans son principe mais dans son application territoriale. Que cherche le gouvernement français à Mayotte? Que cache cette mesure discriminatoire à l'encontre des Comoriens? Quelle est la validité de cette mesure discriminatoire qui s'adresse exclusivement aux Comoriens? Déja à Mayotte les lois de la république connaissent une autre interprétation mais là il s'agit d'une offensive juridique pour s'attaquer à une population et non à un problème de flux migratoire. Si les associations de droit de l'homme et les associations de défense des comoriens laissent passer cette mésure discriminatoire, c'est la porte ouverte à des lois discriminatoires qui toucheront même les comoriens ayant la nationalité française puisque c'est l'origine ici qui en sera visée.

Je ne crois pas au hasard du calendrier pour l'annonce de cette mésure qui intervient à quelques jours du débarquement de l'armée nationale du développement à Anjouan. S'agit-il d'une manoeuvre habile pour dire à l'Union des Comores de faire attention à ses intentions sous peine d'être sanctionnée non pas directement mais par des mésures indirectes mais qui auront un impact sur l'ensemble des Comoriens dans le monde. Il me semble que le ton est donné, ce qui laisse augurer des nouveaux affrontements entre la France et l'Union des Comores.

La situation est assez éloquente car depuis l'intention d'intervenir à Anjouan, nos soit disant amis dhier semblent être horripilés par cette décision qui vise avant tout à rétablir l'unité et l'intégrité territoriales au sein de l'archipel des Comores. La réussite de cette opération militaro-diplomatique donnera peut-être des idées à la nation comorienne qui pourrait tenter de l'utiliser sur Mayotte conformément aux résolutions onusiennes. Udzima na uvoimoja wa masiwa vaincront.
# Posté le vendredi 22 février 2008 05:46

Comment parler de soi?

Comment parler de soi?
Techniques à utiliser dans les diners, mariages ou invitations familiales

Non vous ne lisez pas une revue de psychologie. Avez-vous essayé de parler de vous? Je précise bien dans un cadre non professionnel, imaginez ! Vous débarquez dans un dîner chez des amis avec le légendaire retard propre aux comoriens et au fond de la pièce, une amie de vos amies vous interpelle: "Salut moi c'est Nadyn". Soudain comme si le ciel vous tombait sur la tête, que vais-je pouvoir dire? Après la valse des "EUH..." et de l'avalanche d'interjections et de blancs vous avez à peine eu le temps de vous souvenir de votre prénom. "Euh moi c'est Bachir, puis narines ouvertes accompagnées d'essoufflements (Mon Dieu c'est quoi ce trac) et enfin un timide enchanté fini par sortir. Ce n'est pas trop tôt. Mais l'exercice n'est pas facile surtout quand en face c'est la fameuse personne de ses rêves. Pas le temps de reprendre ses esprits, il faut battre le fer quand il est chaud - parole de forgeron. A ce moment précis, on pense fortement que les chats ont la vie simple car il suffit de balancer quelques MIAOU et on se fait comprendre. Hélas c'est une affaire purement humaine. Comme Jean-Luc Delarue vous n'avez pas d'oreillette, quelle pouasse! Vous essayez de trouver la bonne fenêtre de tir mais en même temps vous fixez votre regard sur ... les amuse gueules voilà le mot que je cherchais. N'allez pas croire qu'il puisse y avoir autre chose pour capter mon regard. J'ai un faible pour les amuse gueule, je vous le jure. Véritable dilemme de faire fonctionner la fonction parole et la fonction vision en même temps tout en sachant que les mecs ne peuvent pas faire deux choses à la fois; n'est -ce pas les filles?
Après un long moment passé à regarder les amuse gueules et à essayer de trouver ses mots, on se rappelle enfin de sa fiche skyrock, Bachir, 23 ans habitant à Issy les moulineaux, étudiant et vaut mieux s'arrêter là au risque de dire des bêtises. Sérieusement les filles ont tendance à croire que la vie d'un mec est une vie à la james bond plein de rebondissement. Elles sont loin de savoir qu'à la base un mec a un petit forfait de portable, il connait par c½ur les scenaris de ses jeux vidéos, sa plus grande distance parcourue c'est celle qui sépare l'ordinateure et la cuisine pour voir si "l'ETAT" (il s'agit ici des parents) a rempli le frigo de préférence avec des pizzas faciles à chauffer au micro-onde. On est complètement partagé entre l'envie de socialiser avec cette créature si sympathique et l'envie de se taire pour préserver le peu de réputation qui nous reste. Pour couronner le tout une amie vient prendre des nouvelles du fameux examen ou test qu'on est censé réussir: " Alors ça a été? Eh merde moi qui croyais être sur un territoire ami. Mais finalement tout se passe bien car dans toute soirée il y a toujours un mister blague, un mec qui connait toutes les blagues par c½ur et qui captent toute l'attention féminine de l'assistance. C'est le mec qu'on aimerait juste piquer ce don de canaliser les foules ou d'avoir en oreillette surtout quand on s'aventure dans des territoires parleurs.

Il est relativement difficile de parler de soi entre la peur de passer pour un prétentieux ou le mec que tout lui réussit et la peur de passer pour un mec mystérieux, l'exercice est tout à fait périlleux. On nous invite à nous exprimer et en même temps tout ce qu'on peut dire peut-être retenu contre nous. De l'autre côté je suis étonné de la facilité dont éprouvent les filles à s'exprimer, il faut juste les entendre de loin car quantité ne rime pas avec qualité et au risque de passer pour un macho ( ce qui n'est pas le cas car j'ai beaucoup d'amies) je vous invite à noter la pertinence de ce que les Americains appellent les small talks. Souvent c'est une langue étrangère qu'elles parlent , oui une langue étrangère d'origine shopping, cosmétique ou psychologie à deux francs. Rassurez-vous je ne suis pas fou. Je vais arrêter toute suite ce clin d'½il fait aux filles car je ne prendrai pas le risque de me fâcher avec la catégorie sociale qui détient 80% des paroles sur terre et qui possèdent plus de 80% des réserves de paroles. On arrive à la fin de notre histoire, pour parler de soi il faut avoir un skyblog non je plaisante mais il faut s'intéresser à son interlocuteur et chercher à en apprendre un peu plus sur sa personnalité.
# Posté le mercredi 20 février 2008 12:31