Onze partis politiques signent un pacte republicain avec le président Sambi portant sur neuf points » fondamentaux. Je les cite " Parmi ces points, l'Unité nationale et l'intégrité territoriale dans ses frontières coloniales (4 îles), la lutte contre toute forme de séparatisme, le respect de la constitution et des lois qui en découlent, la réhabilitation des partis politiques dans un cadre rénové comme moteur de développement économique, la bonne gouvernance...". J'avais envie de dire bravo enfin une réunion de haute importance mais ce qui semble le plus decevant c'est non seulement le recyclage des anciennes formations politiques responsables de l'effondrement du pays mais aussi les neufs points retenus qui relevent davantage d'une conception archaïque du paysage politique comorien. Cette réunion ne fait emerger aucune innovation et aucun renouveau pour le pays. Imaginons un instant un selectionneur aligner la même équipe ayant perdu le précédent match, c'est renouer avec l'echec. Je suis d'accord que les formations politiques fassent leur mea culpa mais je refuse dans les circonstances actuelles que ces partis politiques viennent recycler des vieilles problématiques sans apporter des propositions concrètes de sortie de crise. Certains diront qu'on a besoin de passer par cette étape mais privilégions d'abord les projets politiques résolumment orientés vers le progrès. J'aurais aimé voir onze projets politiques pour notre pays afin de retenir les onze meilleurs projets innovants. Néanmoins cette réunion est revelatrice d'un classique problème de management: LA VISION. Quand le top management du pays n' a pas mis en place les orientations stratégiques, le vide politique étant crée, les autres formations hors compétition se doivent de proposer des alternatives non par ambition mais par devoir moral. Pour y parvenir Sambi devrait tirer les conséquences de ses sept péchés politiques.
PolitiqueSans s'appuyer sur un projet politique et une formation politique de rassemblement, le président Sambi continuera à gerer de façon improvisée et amateure le pays. Il n'est pas trop tard de féderer ou créer une formation politique ayant des répresentants dans tous les recoins du pays afin de mettre en place une idéologie, un projet de société et une volonté farouche de traduire les idées en actions politiques concrètes. Dans la sourate "la table", il y est dit "encouragez-vous dans la réalisation de bonnes oeuvres". Nul ne doute que le paysage politique doit être reinventé alors autant mettre en application ce verset en rassemblant des forces politiques vers un projet d'avenir plutôt que de se reunir pour dire qui a plus echoué que l'autre. A quand une force vive de rassemblement pour donner un élan politique sur le plan local et national?
Concertation interne indispensableJ'apprécie le dynamisme diplomatique extérieur du président Sambi. Il est impératif de redorer notre blason extérieur surtout que notre pays depende enormement de l'aide extérieur. D'autre part sur un monde multilateral, nouer et péreniser des alliances multilatérales est bénéfique pour un pays en voie de developpement comme le nôtre. Sur ce point le pragmatisme est notre seul crédo même si nous devons accepter des dromadaires. Si l'équipe Sambi demeure dynamique dans le dialogue extérieur avec les partenaires, notons tout de même quelque faiblesse dans le dialogue interne( NDRL la crise anjouanaise). A commencer par le partage de compétences entre Union et île. OU en est-on avec le dialogue social? Certains diront que le paiement des salaires étant le premier volet du dialogue mais ne soyons pas court termistes, jetter les bases d'une modernisation des formations patronales et syndicales serait un atout majeur pour eviter des conflits sociaux aux lendemains des grands chantiers comme les routes, les complexes hoteliers, l'evaluation du corps enseignant. Notre société puise sa vitalité sterile dans la binairisation des relations: entre pro et anti quelque chose. A quand une grande reunion sur la modernisation du dialogue social entre partenaires sociaux, Union, île et patronnat ? A quand la fin des conflits des compétences entre Union et Île?
Promesses et parolesNous savons tous que parmi les points forts du président, l'eloquence tient une place majeure. Il a d'ailleurs terrassé ses concurrents sur ce point là ce qui a contribué à son election. Les promesses demeurent le fond de commerce des hommes politiques car elles peuvent être à volonté et ne coûtent pas chères. Mais toute medaille a sa revers et nous Comoriens n'avons pas oublié les promesses electorales du président: habitat, justice, tourisme.... Hormis le pschitttt anjouanais, ou en sommes-nous? Combien coûtera la future maison qui va remplacer les paillottes? Bien que la justice doit demeurer indépendante, combien de procès ayant eu lieu ou aura lieu pour traduire les anciens dirigeants coupables de corruption? Ou est notre arsenal juridique de luttre contre la corruption? Quand l'ecole de formation aux métiers du tourisme ouvrira ses portes pour former les futurs gérants et employés du secteur touristique? L'urgence demeure sur ces questions qui meriteraient au moins de disposer des plans d'actions.
Actions socialesJ'ai visionné les clips de campagnes de l'election présidentielle. Une réalité saute aux yeux: la pauvreté du pays et la forte representativité des jeunes dans le paysage. Le président s'etant engagé défendre les intérêts de ceux n'ayant pas de contact haut placés or depuis son éléction, aucune mesure phare en faveur des classes les plus defavorisées et des jeunes ne soit prise. Pourquoi ne diriez-vous pas comme votre homologue français qu'on ne va pas vider des caisses déja vide. Pourquoi ne pas traduire en justice ceux ayant vidé les caisses de l'etat afin de redistribuer aux pauvres? Il n'y pas pas que la redistribution pour symboliser les actions sociales. Un vrai plan d'actions pour accompagner les jeunes à créer des coopératives, à se former à un metier serait un geste symbolique qui temoignera de vos engagements sinceres sur cette catégorie socio professionnelle la plus exposée à la précarité.
Ambition, audace et inventivitéOui nous avons compris que le commandant en chef prépare la libération d'Anjouan. Je n'irai pas jusqu'à dire que le conflit anjouanais propulsé au devant la scène est une diversion sur les autres questions clés du pays mais cela y ressemble puisque aucun autre sujet ne bénéficie d'autant d'aura médiatique. Peut-être la faute des médias qui se focalisent trop sur l'imminence du débarquement à Anjouan? Faute de lire ou d'entendre les autres projets, nos esprits pourront tirer des conclusions hatives. Oui au debarquement et après qu'adviennent les préoccupations des Comoriens? Avec l'ambition, l'audace et la créativité dont vous avez fait preuve lors des elections, mettez les au service de l'Union des Comores et faites de vos autres combats une priorité comme celle affichée sur la question anjounaise.
Colère ou rage de vaincreVaincre le regime Bacar, telle est la priorité des priorité. Je crains qu'on fasse peser trop de charge sur cette opération militaire et que le moindre echec risquera d'affaiblir l'Union. Ce qui impactera le moral des troupes certes mais surtout celui de son commandant en chef. Le moment est sans doute venu de "depassionner" ce sujet et y mettre toute l'energie positive sur d'autres chantiers. Une des règles fondamentales de gestion c'est la diversification des risques en ne mettant pas dans le même panier tous ses oeufs. Par rapport à l'explosion des richesses dans dautres pays, le Comorien est en colère de voir le sien stagner alors que le miracle économique tant attendu est possible si Sambi se dote des moyens politiques et humaines: se doter d'une vraie force politique ayant dans ses bagages un package de reformes qui donneraient une direction claire à notre pays.
kavou