L'écart de niveau de vie, le contraste entre zone urbaine et liju, le manque d'espoir et l'exclusion dont les wamatsaha font l'object a nourri l'idéologie séparatiste. Un séparatisme originel ayant des motifs purement socio-économique s'est vu récuperer par les scrupuleux hommes des régions cotières pour en faire une idéologie politique. Encore une fois on leur a volé leur révolution. Cette razzia idéologique a causé un profond clivage entre les habitants des zones rurales et celles des zones urbaines et à ces heures l'on craint une poussée de haine susceptible de virer en reglements de comptes inter régionales. Ce dont on redoute le plus ce ne sont plus les obus des rebelles mais la violence des machettes endoctrinées par les partisans de Bacar afin de se venger sur ce qu'on appelle les privilégiés (habitants des zones urbaines). Face au desespoir et aux frustrations tout reste possible et arrêtons naivement de croire qu'un beau discours suffira pour calmer les ardeurs.
Il n'y a pas de fatalité face à la pauvreté. Il n'y a plus de fatalité.L'Union des Comores aussi démocratique soit-elle doit débarquer dans ces régions avec un programme ambitieux de réduction de la misère, du rattrape en terme d'infrastructure, d'octroi des bourses aux familles très très pauvres, de construire des centres de santé, de faire rentrer ces régions dans la modernité: téléphone, eau courante, electricité... Sans cette volonté nationale de tendre la main à ces régions la crise séparatiste y sera gravée à jamais dans ces zones qui serviront de gisements séparatistes latents. Après les petits fours entre descendants des sultants et emirs des petrogolfs, le temps est venu de se consacrer au Nkima.
