Gad El Maleh dans un sketch posait la question suivante? "Est ce que quelqu'un que tu connais pas t'as donné quelque chose que tu ne connais pas?" Cette question illustre la puissance de ceux que tu connais pas mais qui pourrait t'apporter de belles surprises ou à défaut de gros ennuis. Tout le monde ne jure que par la capacité de connaitre quelqu'un qui connait quelqu'un qui pourrait contribuer à un bel succès. J'explicite: je connais un coiffeur qui connait un grossiste de produits capillaires qui pourrait m'aider à monter mon petit salon de coiffure style baber shop. Suivez mon regard => Cela s'appelle le réseau. Nous tous chacun a son petit réseau et certaines études montrent que par exemple Eva Mendes se trouve à quatre distances de nous c'est à dire nous connaissons une personne qui est en contact avec un journaliste qui tisse des liens amicaux avec l'attaché de presse d'Eva. On peut plus être clair là! Où en est l'homo comocus dans ce monde de réseau?
Je n'ai pas l'intention de verser dans l'anticomorianisme primaire mais hélas; force de constater que nous ne jurions pas encore par cette capacité à tisser des liens relationnels constructifs. De façon primaire, nous sommes extrêmement méfiant des gens qu'on ne connait pas et s'il nous arrive de les connaitre un peu plus, nous pensons immédiatement qu'ils ourdissent un complot contre nous. Quel gâchis analytique! Devrons-nous encore rappeler en 2008 que l'union fait la force? Ce qui demeure vrai pour le business l'est pour les relations interpersonnelles. On ne peut pas être constamment à la recherche de fournisseurs. Mais que sait-on ! Peut-être un ami peut te recommander auprès d'un autre ami qui par la suite te permet de tisser de profonds liens amicaux. N'est-ce pas une belle histoire d'amitié? Lors d'un déménagement on est tous content que le cousin débarque avec tous ses potes MC pour déplacer la commode. Une fois fini le déménagement, l'on continue de croire que ces MC ne sont qu'une bande de decrocheurs que la bac ferait mieux de les arrêter.
Pour certains l'intelligence se résume par la maitrise des disciplines scientifiques, littéraires et artistiques. Un conditionnement pur scolaire qui releve d'une vision archaique de l'intelligence. Or de sérieux experts soutiennent qu'une autre forme d'intelligence existe : c'est l'intelligence relationnelle. Une grande aptitude à tisser des liens amicaux ou professionnels avec ses pairs. Dire dans certains milieux qu'on a tel ou tel ami ou qu'on connait tel ou telle personne suffirait pour être catalogué de fayot ou de lèche .... Toute tentative de socialiser avec l'autre est perçue comme une agression. Dans un contexte difficile, seuls les individus ou groupes ayant cette faculté réussiront à s'en sortir car la puissance du réseau permet de faire fonctionner un levier très important. Or notre petite intelligence est coincée encore dans notre petit village et qu'il daigne même à connaitre les habitants du quartier d'en face. Pourtant, sans besoin de faire un sujet de recherche, nous excellons dans la capacité à s'entourer avec les mauvaises personnes ou les personnes ayant une forte propension à nous apporter ennuis et idées artificiellement géniales mais à moyen terme catastrophique. Nous serons meilleurs déjà si nous disions bonjour aux personnes qu'on a été présentés la veille. Y a du boulot.