Melanges des genres ou cocktail anti ethique

Pourquoi les intellectuels comoriens, l'intelligentsia et ceux qui représentent la société comorienne nous parlent comme des attardés mentaux ? Pourquoi ne pas solliciter l'Intelligence des Comoriens au lieu de faire appel à leur Emotion ? Pourquoi nous parle-t-on toujours de politique mais jamais de valeurs, principes et règles fondamentaux?

Fervent adepte des news comoriennes, je lis chaque jour les nouvelles du pays à travers les blogs d'nfos ou les blogs de nos compatriotes qui tiennent la plume. Je suis surpris par l'ampleur et le poids des contenus politiques.
Toujours le même tableau, donneurs de leçons d'un côté, les victimes de l'autre. Les tirs à boulet rouges sur les dirigeants du pays, l'opposition qui s'oppose sans réel projet.... Est-il qu'on nous sert toujours la même sauce, " ari pwapwari deli pwapwari". A force d'user le filon ça devient lassant comme la pub des piles wonder: Ne s'use que si l'on s'en sert". Mais qu'en est-il de notre bons sens, de nos valeurs, de nos principes et de notre hargne à construire un monde meilleur?

On ne peut pas tout attendre de notre président, ni de ses ministres qui le trahissent car le président lui même le dit, il est mal entouré mais n' arrivent pas à s'en débarrasser. Quant aux élus du peuple, s'ils se font pas inviter aux frais d'un holding, ils comptent brader notre citoyenneté comorienne à des familles riches ne connaissant rien de notre pays, de nos coutumes et de nos valeurs. En un mot on ne peut pas compter sur les politiques pour nous parler valeurs.

La presse joue un jeu ambigu en voulant se jeter dans la gueule du loup: un holding se propose d'imprimer Alwatan gratuitement. Alwatan verra le ministre de l'information une fois par semaine... Les blogs indépendants sont soupçonnés d'être des instruments de propagandes etatistes ou sous la coupe des séparatistes.

L'intelligentsia, les intellectuels et les experts à force de se critiquer sont comme le PS français, sont enlisés dans une guerre de leadership qui fait le jeu du déni idéologique. On ne distingue pas dans notre pays de groupes d'experts productifs ou d'intellectuels qui s'insurgent sur les problèmes de notre société. Mais d'où viendra le salut?

Je n'ose pas croire qu'on soit si mauvais mais nous avons de mauvaises manières, habitudes et pires réflexes. Nous avons énormément de déficit en matière de transmission de nos valeurs et des connaissances. Si vous lisez la presse, les blogs ou scrutez les contenus audiovisuels, vous verrez qu'on ne met pas assez en avant les contenus artistiques, scientifiques ou littéraires. Nous restons toujours dans la politique. Tous se mettent à faire de la politique, rendrons à Cesar ce qui lui appartient. Si nous persistons dans cette direction, nous ne sortirons pas du mélange des genres. Oui au cocktail mais cocktail de diversité dans la manière de pensée et que chacun s'illustre dans son domaine. Beyt salam fasse du Beytsalam, Alwatan fasse du Alwatan et les experts fassent comme le disait Baudelaire dans l'Albatros ne doivent pas s' Exiler sur le sol au milieu des huées, car leurs ailes de géant les empêchent de marcher.


# Posté le samedi 08 novembre 2008 08:05

Yes we can mais au boulot

Yes we can est devenu la phrase la plus reprise dans le monde. Mais derrière se cache encore un message beaucoup plus important faut d'abord bosser. L'election de Barack Obama est tout sauf un hasard c'est le fruit d'un long travail minitieux, methodique et intelligent. A ceux qui disent la crise financière a été un facteur clé, je leur réponds le travail de profondeur a été une réponse par anticipation à tout problème. Barack Obama, je ne l'admire pas parce qu'il est mon cousin swahili, je l'admire car c'est un bosseur et il ne sait jamais arrêter sur sa couleur pour se victimiser. Il a transformé un handicap en atout grâce à son intelligence mais à son amour du travail. Il a bossé, il continue de bosser et il bosse comme s'il n'a jamais bossé. Petite anecdote, son équipe de campagne buchait comme si M le senateur Obama avait 7 points de retard dans les sondages. Le résultat se passe de commentaires car il a non seulement réussi mais avec mention très bien. Cette victoire est avant tout celle de l'acharnement au travail, à ameliorer ses points faibles et à s'entourer des fidèles et meilleurs experts. Si cela peut en inspirer certains, comme d'autres n'ont pas attendu ce billet pour se remettre au boulot et ceux qui hésitent encore, remettons-nous au boulot car nous sommes tous des Obama. BarackAllaf Fik.
# Posté le mercredi 05 novembre 2008 18:12
Modifié le vendredi 07 novembre 2008 17:33

Le dragueur du RER D

Le dragueur du RER D
Non ce n'est pas le titre accrocheur d'un fait divers extrait du parisien mais une personne réelle qui sévit dans les rames de la plus longue ligne inter banlieue, il s'agit là du RER D que je ne présente pas. Dieu sait le nombre d'heures passées dans les rames du RER D et les retards involontaires occasionnés par ce mille pattes de la SNCF. Le dragueur du RER D; là encore je ne vais pas m'étaler sur les présentations mais avec tout le respect que je lui dois je tiens à lui rendre hommage ici. Ah j'oubliais de vous préciser son prénom Gilles-Ahmed, Gilles pour les filles non comoriennes et Ahmed Alias AH (prononcez EYtche comme en anglais) pour les demoiselles comoriennes. Gilles-Ahmed d'un tempérament optimiste n'a jamais dit ce qu'il fait dans sa vie. Comprenez par là qu'il "s'adapte à son interlocuteur". Dernièrement il avait déclaré exercer le métier d'agent de chanteur de couper décalé, il se présentait comme étant le manager de Djoban Djo international. On ne peut pas lui reprocher de manquer de créativité ni d'imagination. Ne cherchez pas dans Closer, ni Public ou Oups, il fuit les paparazzis et n'a pas de biographe officiel.

Le dragueur du RER D est le contre parisien. Le célèbre dicton metro-boulot-dodo et mauvaise humeur ne s'applique pas à lui. Toujours souriant, il squate les relay pour repérer ses "on sait déja vu quelque part". Il n'est jamais à court d'introduction puisque demander à une personne si on ne sait pas déjà vu quelque part n'est pas une tactique agressive. Quand il a déminé le terrain il s'invite à s'asseoir afin de créer une atmosphère friendly. Après tout pourquoi pas ne pas faire connaissance en me laissant ton numéro bien sur. Gilles-Ahmed n'est pas méfiant, armé d'une positive attitude il déploie son charme de questions issues d'un formulaire pour apprendre à te connaitre.

Comment serait ton trajet si le dragueur du RER D venait à se mettre en grève? Je sais que tu te dis que comme je ne suis pas une fille je ne sais pas ce que sait passer un quart d'heure à attendre son RER D en compagnie du dragueur. Si tu n'as jamais pris le RER D, tu ne peux pas comprendre. Les mauvaises langues avancent que le dragueur du RER D Gilles-Ahmed est autant agaçant que la voie de la gare annonçant un enième retard. Quand il aborde les filles, ça agace et quand il ne les aborde pas, ça agace, me confiait-il totalement désarmé par l'indécision des filles. Le dragueur ne sait pas pour quel saint se vouer puisque il est au moins sur d'une chose: toutes les filles font mine de dire NON mais au fond d'elles, elles aimeraient qu'il continue à les charmer dans les gares. Dragueur du RER D si tu m'entends, tu es la continuité du service public. Service minimum garanti.
# Posté le mardi 17 juin 2008 14:47

Des règles pas très claires en eaux troubles

Des règles pas très claires en eaux troubles
C'est vrai la société comorienne est une société de tradition orale. Tradition orale ne veut pas dire opacité que je sache. On ne peut pas tout écrire. Les règles qu'elles soient écrites ou transmises via la parole doivent demeurer les mêmes. La force d'une règle réside dans l'implication de ceux qui sont en dessous pour la faire respecter, l'appliquer et la faire évoluer s'il le faut. Or je constate par un grand regret que les règles peuvent être bafouées non seulement par les adultes mais aussi par ceux qui sont censés les respecter. L'HONNEUR est devenue une excuse pour piétiner le minimum des choses auxquelles on a convenues de respecter. Puis on tente d'expliquer que au nom de l'honneur de la famille, tout est amendable. Si l'honneur est au dessus des règles dans ce cas il faut créer la règle qui fait que cette honneur demeure suprême.

Encore faut-il que cela soit si clair et limpide mais dans ce domaine, je nage carrément en eaux troubles. Naïvement on serait tenté de croire qu'au sein d'une fratrie les mêmes règles doivent être observées par tous et dans l'intérêt de la fratrie. Il s'avère qu'une règle implicite basée sur l'intérêt personnel et le degré de proximité entre personnes vienne modifier cette fameuse règle officielle. Les paramètres composant la règle implicite relève davantage de la subjectivité, du jeu politique et de la connivence au détriment de la transparence, de l'équité et de la loyauté.

Qui ne serait pas tenté de nager en eaux troubles puisque cela procure une certaine sécurité? Qui ne voudrait pas bafouer les règles une fois ayant reçu le soutien de son réseau relationnel? Qui ne voudrait pas trahir les valeurs de cohésion, d'esprit d'équipe et de complicité pour jouer perso et solo? Qui ne voudrait pas appartenir à cette communauté d'opaques qui est si puissante, si imprévisible et si injuste? Seules les personnes partageant ces valeurs rejoindront cette communauté. Je suis tout de même content de vous apprendre qu'une autre voie existe. Elle n'est pas parfaite, elle n'est pas sans embuche et elle n'est pas facile à emprunter mais elle est celle des lumières. Les règles que régit cette deuxième société ont le mérite de ne pas travestir, de ne pas ignorer et de ne pas sous estimer les règles invisibles mais elles tiennent compte de leur imprégnation dans notre société afin de trouver des solutions pour en finir avec les coups bas fratricides.
# Posté le dimanche 15 juin 2008 18:32

Pas si doué que ça le comorien?

Gad El Maleh dans un sketch posait la question suivante? "Est ce que quelqu'un que tu connais pas t'as donné quelque chose que tu ne connais pas?" Cette question illustre la puissance de ceux que tu connais pas mais qui pourrait t'apporter de belles surprises ou à défaut de gros ennuis. Tout le monde ne jure que par la capacité de connaitre quelqu'un qui connait quelqu'un qui pourrait contribuer à un bel succès. J'explicite: je connais un coiffeur qui connait un grossiste de produits capillaires qui pourrait m'aider à monter mon petit salon de coiffure style baber shop. Suivez mon regard => Cela s'appelle le réseau. Nous tous chacun a son petit réseau et certaines études montrent que par exemple Eva Mendes se trouve à quatre distances de nous c'est à dire nous connaissons une personne qui est en contact avec un journaliste qui tisse des liens amicaux avec l'attaché de presse d'Eva. On peut plus être clair là! Où en est l'homo comocus dans ce monde de réseau?

Je n'ai pas l'intention de verser dans l'anticomorianisme primaire mais hélas; force de constater que nous ne jurions pas encore par cette capacité à tisser des liens relationnels constructifs. De façon primaire, nous sommes extrêmement méfiant des gens qu'on ne connait pas et s'il nous arrive de les connaitre un peu plus, nous pensons immédiatement qu'ils ourdissent un complot contre nous. Quel gâchis analytique! Devrons-nous encore rappeler en 2008 que l'union fait la force? Ce qui demeure vrai pour le business l'est pour les relations interpersonnelles. On ne peut pas être constamment à la recherche de fournisseurs. Mais que sait-on ! Peut-être un ami peut te recommander auprès d'un autre ami qui par la suite te permet de tisser de profonds liens amicaux. N'est-ce pas une belle histoire d'amitié? Lors d'un déménagement on est tous content que le cousin débarque avec tous ses potes MC pour déplacer la commode. Une fois fini le déménagement, l'on continue de croire que ces MC ne sont qu'une bande de decrocheurs que la bac ferait mieux de les arrêter.

Pour certains l'intelligence se résume par la maitrise des disciplines scientifiques, littéraires et artistiques. Un conditionnement pur scolaire qui releve d'une vision archaique de l'intelligence. Or de sérieux experts soutiennent qu'une autre forme d'intelligence existe : c'est l'intelligence relationnelle. Une grande aptitude à tisser des liens amicaux ou professionnels avec ses pairs. Dire dans certains milieux qu'on a tel ou tel ami ou qu'on connait tel ou telle personne suffirait pour être catalogué de fayot ou de lèche .... Toute tentative de socialiser avec l'autre est perçue comme une agression. Dans un contexte difficile, seuls les individus ou groupes ayant cette faculté réussiront à s'en sortir car la puissance du réseau permet de faire fonctionner un levier très important. Or notre petite intelligence est coincée encore dans notre petit village et qu'il daigne même à connaitre les habitants du quartier d'en face. Pourtant, sans besoin de faire un sujet de recherche, nous excellons dans la capacité à s'entourer avec les mauvaises personnes ou les personnes ayant une forte propension à nous apporter ennuis et idées artificiellement géniales mais à moyen terme catastrophique. Nous serons meilleurs déjà si nous disions bonjour aux personnes qu'on a été présentés la veille. Y a du boulot.
# Posté le jeudi 05 juin 2008 17:29